Quand les classiques parlent au présent Reprendre la “Guerre de Troie n’aura pas lieu “est un pari audacieux. Le collectif Nuit Orange le relève avec intelligence en transposant Giraudoux dans un univers contemporain, sans trahir son esprit. Héctor, Andromaque, Hélène, Paris, Ulysse parlent par visioconférence, manipulent des téléphones, évoluent dans un monde où les écrans remplacent les messagers. Ce décalage fonctionne remarquablement, soulignant l’intemporalité des enjeux de la pièce. La mise en scène joue sur les contrastes visuels. Costumes contemporains, costumes trois pièces, côtoient casques et accessoires militaires rappelant les armées grecques et troyennes. La direction d’acteurs est précise, le rythme tendu mais jamais confus. Les comédiens incarnent plusieurs personnages avec fluidité. Au-delà de la modernisation, le spectacle rappelle combien l’œuvre de Giraudoux demeure actuelle. Les discussions de paix, les discours politiques et le glissement progressif vers la guerre résonnent avec force. Une adaptation inventive et vivante, qui prouve qu’un grand classique peut encore nous parler avec une étonnante acuité.
Lire l'avis →Les avis vérifiés du festival OFF d'Avignon
d'Avignon
Daria Deflorian crée une atmosphère étrange où le réalisme perd pied, évoquant pudiquement et progressivement le massacre de Jeju à travers la rencontre troublante de deux amies entre réalité, rêve et souvenirs.
Lire l'article →Daria Deflorian crée une frontière infranchissable entre deux mondes et, dans la lenteur, cherche à ouvrir un dialogue avec les disparus. Dès les premiers mots, les deux voix se partagent la narration, reflétant un dialogue entre les deux protagonistes.
Lire l'article →Un voyage au pays des mots, mené par les plus beaux textes de la littérature poétique et théâtrale française, une interprétation puissante, résolument vivante, on embarque avec délice et on se laisse guider par la mélodie des alexandrins. Les textes redécouverts prennent une dimension nouvelle, qui résonne pleinement dans l’actualité du monde. Une ode passionnée et passionnante à l’intemporalité de ces écrits, à découvrir ou redécouvrir sans modération.
Lire l'avis →Stephy Tsui crée un monde à nul autre pareil où les objets s'animent sous ses manipulations dansées. Entre mime, théâtre sans parole et danse, elle nous plonge dans des imaginaires surréalistes qui dépassent l'inspiration du manga original.
Lire l'article →Porté par une Coralie Andy dynamique et spontanée, ce spectacle mêle tours de magie et humour dans une ambiance chaleureuse. La marionnette Jeki apporte des réparties savoureuses tandis que le mentalisme nous rappelle que le hasard n'existe peut-être pas.
Lire l'article →Quand les claquettes atteignent un tel niveau de précision, d’élégance et de musicalité, elles deviennent bien plus qu’une danse, un véritable langage scénique.’ ‘Venue de Barcelone, cette troupe internationale réunit des artistes mexicains, espagnols, français et anglais autour d’une même passion : les claquettes. Véritable signature de la compagnie, elles sont ici portées à un niveau de virtuosité exceptionnel. Précision du geste, synchronisation parfaite, musicalité et élégance font de chaque tableau une véritable performance artistique. Si une parenthèse swing en baskets apporte une respiration bienvenue, ce sont bien les claquettes qui constituent l’âme du spectacle. Accompagnés par un swing généreux, de magnifiques chansons, un saxophone inspiré et une contrebasse pleine de caractère, les artistes entraînent le public dans un tourbillon de rythme et d’énergie. En tournée internationale, cette compagnie démontre un savoir-faire rare et une maîtrise impressionnante. Pendant une heure quinze, elle offre un spectacle d’une qualité remarquable, à la fois exigeant, généreux et profondément enthousiasmant.
Lire l'avis →Ce spectacle sans un mot transpose Václav Havel dans le langage du théâtre physique avec une précision comique redoutable. Sous des flots de mousse, une charge politique aussi féroce que réjouissante déconstruit la pseudo-virilité par le ridicule.
Lire l'article →Stanislas Roquette et la compagnie Artépo transforment les cahiers de doléances en matière théâtrale brute. L'écriture a l'intelligence de ne pas sanctifier le mouvement, laissant apparaître les excès et dérives de la parole citoyenne.
Lire l'article →Avec Alif, Abdelwaheb Sefsaf conclut son triptyque Hexagone en érigeant la langue en rempart contre l'oubli et pivot de l'identité. L’auteur-metteur en scène y revisite son enfance marseillaise dans un collège expérimental des années 1980, où l'apprentissage de l'arabe littéraire devient le fil conducteur de sa trajectoire personnelle. Loin des instrumentalisations politiques, la pièce sublime la transmission, portée par une professeure lumineuse qui transforme la classe en un espace de résistance poétique. La scénographie, pensée comme une salle de classe ouverte, favorise une immersion intimiste où la parole, le chant et la musique s’entremêlent pour retracer une généalogie complexe entre deux rives. Sefsaf signe une œuvre profondément humaniste qui interroge notre rapport à l’héritage, aux racines et à l’altérité. En transformant le récit familial en une quête universelle, Alif devient une ode vibrante au pouvoir salvateur de la connaissance et à la tendresse des savoirs.
Lire l'avis →Le texte de Maupassant résonne comme très moderne grâce à eux et l'on apprécie vraiment. La mise en scène d'Arnaud Gagnoud est dynamique et nous emporte avec elle, avec une scénographie imaginative qui reflète l'état d'esprit des personnages.
Lire l'article →Une grande interrogation centrée sur le déracinement tel qu'il est vécu par les intéressés. L'exil est raconté d'une manière qu'aucun média n'est capable d'assurer, offrant une perspective unique et bouleversante sur la géopolitique.
Lire l'article →Hier, c’était la journée Charlotte Matzneff 😅 Après le Cercle de Craie Caucasien, c’est L’affaire Petiot qui nous attendait au Théâtre Actuel Changement de décor total, mais on reconnaît la « patte » de la metteuse en scène avec un décor soigné et modulaire, et des petites transitions musicales qui servent parfaitement l’intrigue. La pièce nous replonge au coeur du Paris de l’occupation, mais sous un angle inhabituel : le quai des orfèvres, et comment la PJ traitait les affaires criminelles dans cette période trouble. On ne s’ennuie pas une seconde, c’est merveilleusement joué (mention spéciale au Commissaire Massue, apparemment aussi à l’aise en policier débonnaire qu’en César dans le Marius de la même compagnie. Quel talent ! Encore une pièce à ne pas rater !
Lire l'avis →Une création d'une grande richesse où sept danseurs défient les lois de la gravité avec remarquable fluidité. La performance laisse peu à peu place à l'émotion, révélant toute la personnalité des interprètes dans une synchronisation parfaite.
Lire l'article →Cette comédie romantique possède tous les ingrédients qui font le charme du genre. Les deux comédiens trouvent en permanence le ton juste et nous conduisent jusqu'à une conclusion particulièrement satisfaisante.
Lire l'article →Jean Pierre Brouillaud relève un véritable défi à La Maison de la Parole en nous proposant un seul en scène entièrement écrit en Alexandrin. Pendant une heure il évoque toutes les situations de la vie quotidienne et démontre comment apporter de la douceur et de la sérénité dans nos propos. Le comédien relève un défi aussi rare qu’impressionnant. Avec une diction précise et un jeu habité, il fait oublier la contrainte du vers pour ne laisser que l’émotion et le récit. Il nous gratifie également de quelques intermèdes musicaux venus fort à propos. Il fait chanter les mots sans jamais les trahir, et l’alexandrin devient un souffle à saisir. Quel délicieux moment de poésie et d’évasion. Courez y !!!!
Lire l'avis →Pendant plus d'une heure, la dynamique troupe va nous entraîner dans son sillage, et il sera parfois difficile de résister à l'envie de quitter son fauteuil. Les influences se mélangent et les rythmes s'enchaînent : jazz, swing, bebop, lindy hop.
Lire l'article →La Cie Les Animaux en paradis poursuit son histoire des présidents avec Jacques Chirac en roi bouffon, un spectacle d'intelligence qui conjugue fabulation historique et critique pertinente du pouvoir.
Lire l'article →Voilà une pièce qu’il serait bien dommage de louper dans ce Festival 2026. En effet derniers jugements est une petite pépite de suspense, d’intensité dramatique et d’intelligence qui nous fait découvrir 3 comédiens au sein d’un huis clos riche en surprises mais qui nous entraîne aussi dans une réflexion subtile sur la mort et ce qu’il y a après. On ne va pas spoiler le dénouement mais la dramaturgie s’installe progressivement et attise notre curiosité jusqu’au dénouement final. La mise en scène est finement travaillée et elle met en lumière le jeu naturel et particulièrement soigné des 3 personnages. Bref, le mieux est d’aller découvrir cet excellent moment de théâtre et de le savourer intensément.
Lire l'avis →On entre souvent au théâtre pour être surpris et bousculé. C'est précisément ce qui arrive ici. J’ai été cueilli par cette atmosphère où chaque minute compte. Il y a des retrouvailles qui ressemblent à des naufrages et d’autres qui sauvent de tout. En découvrant cette adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig au Théâtre Épiscène, nous sommes frappés par ce souffle romanesque qui s'installe avec une force immédiate. Un homme et une femme se rencontrent, et quelle rencontre, puis lui s'en va au-delà des mers.
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