Comédien, auteur et metteur en scène, Yves Sauton arpente le OFF depuis 1983. Cet été, il y tient « l'homme étrange » de Derniers jugements. C'est aussi lui qui, cette année, m'a fait passer derrière le rideau pour la première fois. Rencontre.
« Pour commencer, présente-toi en quelques mots : ton parcours, et ce qui t'amène au OFF cette année. »
Yves Sauton, comédien, auteur, metteur en scène. J'ai un parcours atypique, avec une partie de ma formation en Allemagne et en Italie. J'ai commencé le festival en 1983 et il n'y a qu'une année où je n'y ai pas participé.
« Sans rien spoiler : comment décrirais-tu Derniers jugements à quelqu'un qui hésite à venir ? »
Ce n'est pas évident de parler de Derniers jugements, car il ne faut pas dévoiler la surprise qui attend le spectateur. Si je devais résumer… C'est l'histoire d'un avocat qui doit assurer sa propre défense face à un couple étrange.
« Et ton personnage à toi, tu le présenterais comment ? Qu'est-ce qui t'a attiré, ou dérouté, quand on t'a proposé ce rôle ? »
Lorsque Grégoire, l'auteur, m'a présenté la pièce, je pensais qu'il allait me proposer le rôle de l'avocat et, à ma grande surprise, il m'a confié le personnage de l'homme étrange. J'ai lu la pièce d'un trait, ce qui est bon signe, et j'ai été emballé par le projet. Je ne peux pas dire que j'ai été dérouté, mais plutôt content que l'on pense à moi pour un tel personnage.
« Émilie, qui a assisté à une avant-première, a parlé chez nous d'un "charisme atypique qui finit par convaincre". Ça t'évoque quoi, ce retour ? »
Le retour d'Émilie est intéressant dans le sens où Charisme atypique est une bonne définition de mon personnage. En relisant la critique j'ai dit, mais oui, c'est évident.
« Il y a quelques semaines, je suis passé pour la première fois derrière le rideau, après un an de cours avec toi. Cette pression que j'ai ressentie ce soir-là, est-ce qu'on la ressent encore, après tant d'années sur les planches ? »
On ressent toujours la pression, car lorsque nous répétons nous ne nous demandons pas comment la pièce va être accueillie. Nous travaillons sur nos personnages, nous sommes concentrés sur le chemin que nous fait prendre le metteur en scène (David Teysseyre). Ce n'est que le jour de sa représentation publique que nous nous posons cette question, et c'est de là que vient la pression. Il y a tellement d'enjeux : artistiques, mais hélas aussi économiques. La pression vient donc de l'acteur principal : le public.
