Nous avons envoyé un e-mail à quelques théâtres du OFF pour faire connaître notre initiative DLRA. L'un d'entre eux vient de nous répondre, et nous voulions vous partager ce retour. C'est cette réflexion qui nous a inspirés.

« Pourquoi vouloir tout contrôler, laissez les festivaliers se promener au gré de leur envie et à l'écoute des comédiens qu'ils rencontrent dans la rue. C'est le propre d'un festival. »

Et il a raison. Le OFF, c'est d'abord ça : flâner sans plan, se laisser arrêter par une affiche, par un tract tendu avec le sourire, par une phrase entendue à une terrasse, par une troupe qui joue un extrait de son spectacle au détour d'une rue. Le hasard fait partie du spectacle. La dernière chose que l'on voudrait, c'est mettre de l'ordre là-dedans.

Mais justement. Si on a fait DLRA, ce n'est pas pour ranger le festival ou même les spectacles dans des cases. C'est même pour cette raison précise que l'on a refusé que l'on puisse noter les spectacles. Ces fameuses cinq étoiles qui donnent un avis péremptoire et forcément subjectif sur une pièce. On ne met pas de chiffre sur une émotion. Et Dieu sait que les émotions peuvent être belles au théâtre. Il n'y a pas de classement sur DLRA, aucun avis négatif. Juste des recommandations.

Ce qu'on a voulu prolonger, c'est exactement la scène que décrit ce théâtre : quelqu'un qui a aimé une pièce, et qui le dit à quelqu'un d'autre. Le voisin de terrasse qui lance « vas-y, c'est bien ». Sauf qu'à Avignon, ce voisin-là, vous ne le croiserez peut-être jamais. DLRA, c'est sa voix, portée un peu plus loin.

Le OFF, c'est 1 500 spectacles et un énorme programme de la taille d'un annuaire sous le bras. Même la flânerie a parfois besoin d'un petit coup de pouce. Pas d'un énième site qui vous dit quoi aller voir et ne pas aller voir. Juste une parole de plus : celle d'un spectateur qui y était, et qui a aimé. Le bouche-à-oreille de la rue, en un peu plus grand. C'est, pour nous aussi, le propre d'un festival.